Vers le 2eme Festival du Film Tunisien: Un deal, une ouverture
Pôle culturel - Cinéma
11-01-2009

Par Faten AOUADI

Affiche FFT 2009 par wissem el abedA défaut d'une visibilité remarquée, parce que fort médiatisée, durant les festivals internationaux, le cinéma tunisien fait l'objet d'initiative plus circonscrite, mais d'une efficacité et d'un impact certain. Le Festival du cinéma tunisien à Paris en est l'illustration affichée.

Lancé par l'association de jeunes tunisiens, cet événement qui n'en est qu'à ses balbutiements a de fortes chances de réussir à faire connaître au mieux le cinéma tunisien et à travers lui, des pans de notre culture comme seul le septième art en maîtrise le savoir-faire et le génie.

La péloche aura toutes les couleurs de l'imaginaire cinématographique made in Tunisia et le tapis rouge se déroulera exclusivement pour des productions qui ont fait la renommée du cinéma tunisien, parce que primé dans les plus prestigieux festivals internationaux ou illustrant tout simplement les œuvres d'une génération nouvelle, prometteuse et méritant d'être mieux connue. Telle semble être dans la sélection retenue, le deal de la programmation de cette seconde édition du festival du cinéma tunisien.
Des nouveautés que des nouveautés

Le tout n'est pas de rafraîchir la mémoire à quelques fidèles cinéphiles, encore moins de prêcher auprès de convertis, mais de faire connaître au public parisien le plus large mais moins avertis sur ce qu'est le cinéma tunisien. Autant le souligner aussi, les Tunisiens et Tunisiennes, deuxièmes ou troisièmes générations sont sûrement loin d'être de parfaits connaisseurs des productions cinématographiques de leur pays d'origine, d'où l'intérêt double de ce festival.
Pour cette année, les nouveautés sont perceptibles, même si le programme n'est pas totalement ficelé, certaines confirmations de producteurs sont en attente. Dans la catégorie rétrospective pour les longs-métrages, les organisateurs remontent à 1978 avec le film " La Noce ", une production du Nouveau Théâtre de Tunis. Dans les genres courts-métrages et documentaires, la sélection propose un large pan de productions nouvelles qui datent de 2008. Une visibilité certaine pour un cinéma tunisien nouveau émergent où les potentiels porteurs sont incontestables. Pour les courts métrages en compétition, les spectateurs pourront voir " Le projet " de Mohamed Ali Nahdi ; " Boutelliss " de Nasreddine Shili ; " Fundo " de Abdelbar Mahmoud ou encore " Le poisson noyé " de Malik Amara. Le documentaire de Nadia El Feni " Aouled Lénine " est au programme avec, " Silence " de Karim Souaki ; " Mémoire d'une femme " de Lassaâd Oueslati ; " Gharsallah ou la semence de Dieu " de Kamel Laaridhi ou encore " Oudhna ma mémoire " de Mondher Bouassida. Une première rencontre musicale est insérée dans le programme avec " Checkpoint 303 " qui sera un écho, de concert avec les sons qui rythment le quotidien de milliers de personnes au Moyen-Orient à l'heure actuelle.
Une attente créée
Le cinéma est une ouverture, il est l'ouverture par excellence vers l'Autre et vers cette impalpable dimension de son être qui est sa culture, qui dans sa généralité ne peut être cernée qu'à travers un regard, un angle, une voie d'accès qui invite l'autre à la découverte et à l'échange. L'Association Jeunes Tunisiens a opté pour cette démarche en créant ce Festival du film tunisien. Composée d'un groupe de volontaires, pragmatique qui opèrent sur trois pôles : culturel, économique et scientifique, elle répond au niveau culturel à l'objectif de contribuer à l'exportation du produit culturel tunisien vers l'hexagone. Le médium de masse privilégié est l'évènementiel comme, l'organisation de festivals, d'expositions, de visites culturelles alternatives, ou encore des aides financières pour la production, la réalisation ou la promotion d'œuvres artistiques. Internet est un outil de taille dans cette œuvre méritante.
Pour sa première édition, ce festival a pour 32 heures de projections et accueille quelques deux mille spectateurs. Les taux de satisfaction étant difficilement quantifiables pour un festival qui prône la gratuité, ils peuvent être interprétés positivement à travers cette forte première présence, traduisant l'existence d'une réelle attente en terme de culture tunisienne de la part des Parisiens, toutes origines confondues à savoir tunisienne, française d'origine tunisienne, ou française d'autres appartenances magrébines. 

Le Temps - édition du 10 janvier 2009