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"COUP D'ETAT": Le premier scénario tunisien dédié a la politique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Pôle culturel - Cinéma
20-02-2009
Par Dr. Abderrazek Ben Jemâa

Après avoir créé la première bibliothèque numérique tunisienne (www.tunisiancreativity.com) et publié sur Internet son livre « Contribution à une mise à niveau du cinéma tunisien » ainsi que le premier film tunisien en 3D « Les Trésors de la langue arabe », Dr Abderrazek Ben Jemâa revient à la charge avec « Coup d’Etat », le premier scénario tunisien dédié totalement à la politique et que l’auteur destine d’abord aux producteurs intéressés par la 3D (avis aux professionnels).Ce scénario politique et poétique raconte la révolte de sept enfants issus de pays différents, pour prendre le pouvoir dans le monde en vue de concrétiser un programme politique très original mais que les adultes ne peuvent ni comprendre, ni accepter.

Ci-dessous la note d’intention de l’auteur.

 

Exercice difficile que celui de la rédaction d’une note d’intention… D’abord, je suis étonné qu’on ne mette pas un « s »  à cette expression car y-a-il vraiment une intention unique présidant à la rédaction d’un scénario ? Ensuite, qui peut prétendre connaître ses véritables intentions ? Ne sont-elles pas plus de l’ordre de l’inconscient que de l’ordre de la rationalité ? Le propre des intentions est de ne jamais remonter à la surface de la conscience sauf par les voies détournées de l’art et de l’écriture. Mais puisqu’il faut se plier à la norme scénaristique, gageons que cette note servira plus à masquer mes intentions intimes qu’à les mettre à jour.J’écris d’abord pour tous les jeunes qui doivent savoir que la création d’un texte de qualité n’est pas forcément le seul apanage des pays développés. Nul besoin de technologie, ni d’argent pour cela.  Abou Al Kacem Ecchabi, le grand poète tunisien, traduit dans plusieurs langues ne cesse de nous le rappeler, lui qui n’a connu ni l’enseignement supérieur dans sa conception moderne, ni l’informatique, ni Internet… La muse de la création n’a ni des préférences raciales, ni des penchants nationaux, ni des prédilections de niveau d’études…  J’écris parce que je suis convaincu que l’exportation de scénarios et de films, sur un plan strictement statistique, est un créneau extrêmement profitable car le marché est mondial. Le chiffre d’affaires de certains films internationaux est de loin supérieur aux exportations nationales de certains pays africains ! Si on se tourne vers le cinéma japonais d’animation, et dont l’évolution est relativement récente, les chiffres sont encore plus éloquents : 1.7 milliards de dollars de ventes en 2004, rien que pour le film d’animation, réalisés principalement grâce au savoir-faire technique, sans studios classiques, sans acteurs internationaux  et sans matériel cinématographique classique. 12 films iraniens (réalisés soit avec des capitaux exclusivement iraniens ou en coproduction) ont réalisé des recettes à l’export de l’ordre de 32 millions de dollars américains et auraient permis de récupérer leurs mises d’investissement 172 fois. On ne s’étonnera pas alors de voir le Haut Conseil des Exportations en Iran inclure les films dans la liste des produits stratégiques d’exportation. Aux Etats-Unis, l’industrie cinématographique est la première industrie exportatrice et elle a créé plus d’emplois que dans les secteurs hôtelier, automobile et pharmaceutique réunis. Cela confirme, au-delà de toute considération culturelle, que le cinéma est un secteur très prometteur sur le plan économique, autant sur le plan des recettes à l’exportation que sur le plan de l’emploi. Aucun pays, qu’il soit du Nord ou du Sud, ne peut se permettre de négliger ce marché, devenu en l’espace de quelques années, l’objet de tant de convoitises.  Malgré cela, on ne peut que reconnaître actuellement l’échec sans appel du cinéma tunisien, autant sur le marché local qu’à l’exportation. Bien entendu, plusieurs films tunisiens ont eu une infinité de prix dans plusieurs festivals internationaux. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le circuit culturel est une chose et le circuit commercial une autre. Les mêmes films tunisiens qui ont raflé une centaine de prix n’ont fait aucune recette commerciale (ou presque), ni en Tunisie, ni à l’étranger. Pourtant, le Président de la République Tunisienne a depuis toujours montré la voie et nombre de ses discours ont exhorté à la mise en place d’une expression culturelle à la fois créatrice mais tenant compte aussi des réalités économiques. Dans son discours du 02 Juin 2007, il rappelait, encore une fois, que « l'avenir de la culture est, de nos jours, tributaire de sa connexion étroite avec le processus de développement et des rapports réciproques qu'elle entretient avec l'activité économique, aux plans de la production, du financement et de la commercialisation ». Malheureusement, nous n’avons pas du tout su mettre en application les directives du Président Ben Ali. Et quand, je dis « nous », je parle d’abord des administrations culturelles ; je parle des producteurs ; et je parle des universitaires et des chercheurs dans le domaine. J’en tiens pour preuve  quatre éléments au moins : l’absence de l’exonération fiscale en matière cinématographique, l’absence d’une institution publique dédiée exclusivement à l’enseignement de la scénarisation, l’absence d’une institution publique dédiée exclusivement à l’enseignement de la réalisation 2D et 3D et l’absence d’une politique d’information orientée vers les promoteurs pour créer des centres culturels privés (dans lesquels on intégrera des salles de cinéma) dans le cadre du financement FOPRODI (Fonds de Promotion et de Décentralisation Industrielle). Pour plus de détails, on se reportera à mon livre « Contribution à une mise à niveau du cinéma tunisien » dans www.tunisiancreativity.com/fr/default.php?p=envoi_consultation. En Tunisie, si on devait prendre une SEULE mesure pour mettre à niveau le cinéma, alors je pense qu’il faudra sans plus tarder instaurer la « Tax Shelter » ou exonération fiscale. Les pouvoirs publics feraient ainsi d’une pierre plusieurs coups. D’abord, l’exonération fiscale, appliquée aux entreprises audio-visuelles, ne coûterait rien à l’Etat puisqu’elle est déjà appliquée dans d’autres secteurs. Il n’y aurait donc aucun manque à gagner mais tout simplement un repositionnement industriel des investissements industriels vers les entreprises cinématographiques. De plus, en instaurant la « Tax Shelter », les pouvoirs publics orienteraient indirectement la stratégie des entreprises cinématographiques vers la recherche de la rentabilité et l’exportation, car les nouveaux investisseurs exigeraient comme condition de leurs participations financières une plus-value concrète. Par ailleurs,  les producteurs ne pourraient plus exiger davantage de subventions puisqu’ils auraient la possibilité de réunir les fonds nécessaires, à condition de convaincre les investisseurs. Finalement, cette décision ne serait que justice car si une entreprise informatique décide aujourd’hui de produire par exemple un film en 3D, elle a automatiquement le droit de réunir des investissements dans le cadre de l’exonération fiscale ; en revanche, si une entreprise cinématographique décide de produire le même film 3D, cette exonération lui est refusée ?Le cinéma 3D est justement l’un des créneaux les plus porteurs sur le marché international et dans lequel la Tunisie peut et doit s’implanter. Ce projet constitue justement une tentative pour démontrer que le cinéma tunisien peut être une solution aux problèmes budgétaires, non une contrainte de plus pour les pouvoirs publics. Oui, mais  à force de cibler l’exportation, ne risque-t-on pas alors de faire un cinéma apatride au lieu de faire du cinéma tunisien ? Je ne le pense pas car à la lecture attentive du présent scénario, on comprend vite que le souffle qui y circule est celui d’un enfant du Sud, même si le scénario comporte des personnages d’origines différentes (des Américains, un Indien, un Mexicain, un Africain, une Bulgare, un Irakien, un Polynésien, une Albanaise) et même si le scénario se déroule dans des lieux très différents. Mais c’est le prix à payer pour permettre au marché international et à ses distributeurs de se reconnaître dans le scénario et dans le projet de film. Par ailleurs, le scénario comporte aussi plusieurs personnages tunisiens déguisés dans le film : le petit garçon que j’étais dans les premières et sombres années de ma vie,  ainsi que l’adulte que je souhaiterais être et qui est représenté par le réalisateur Maajenbe qui veut d’ailleurs transformer le scénario actuel en film d’animation virtuelle et dont le nom n’est en fait que l’anagramme de Ben Jemâa. Eva ne se fait-elle pas siens les poèmes que j’ai écrits moi-même à un certain moment de ma vie ? Et Mike ne représente-t-il pas, sous un certain angle, mon passé de manger ? Flaubert avait raison de dire que Madame Bovary c’était lui et ne vient-on pas de découvrir, grâce à une analyse informatique comparée, que le visage de la Joconde ne fait que reproduire parfaitement celui de Léonard de Vinci ?   On n’écrit finalement que sur soi-même… J’écris parce que dans plusieurs pays, l’enfance est opprimée, en « péril » comme titre l’U.N.I.C.E.F. un des ses rapports. Et  la responsabilité, à mon sens, incombe aux adultes et aux régimes politiques. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’y a pas nommément d’enfant tunisien parmi le groupe choisi. Le soin particulier dont jouit l’enfance tunisienne explique pourquoi elle ne peut figurer dans un scénario consacré à la misère des enfants dans le monde. J’écris aussi pour dire que le cinéma politique peut être aussi passionnant que tout autre genre à condition de respecter certaines règles de jeu et de maîtriser certaines techniques. Oui, sous un certain angle, ce scénario est un vibrant appel au droit des enfants à l’exercice de la politique. Car je rêve d’un monde où les enfants prendront le pouvoir afin de sauver la planète de la convoitise des adultes… Je rêve d’un monde où on ne fera plus la guerre aux peuples mais où on fera la guerre à la misère et à l’exploitation des enfants. Je rêve d’un monde où on ne se proclamera plus ni du socialisme, ni du capitalisme, mais où on construira une troisième voie qui fasse des enfants le centre du développement… Je rêve de la planète des enfants…J’écris aussi pour démontrer qu’un scénariste est aussi malgré lui et pour utiliser un terme courant dans la gestion des entreprises, « un stratège ». Il doit tout planifier : à qui il écrit, quelles sont les attentes du public, quelle est le meilleur « positionnement » permettant de toucher la plus grande « cible » possible ? En d’autres termes, en plus de la maîtrise de son art, le scénariste doit aussi connaître son marché. Dans les grandes sociétés de production internationales, cette tâche est dévolue en général aux départements marketing. C’est d’ailleurs pour cela que ce sont ces derniers qui définissent les sujets à traiter, au grand mécontentement des scénaristes. Aux scénaristes de déployer leur art à l’intérieur du cadre préalablement fixé. Personnellement comme Obélix, j’ai eu la chance de tomber très jeune dans la marmite de la littérature et celle de la gestion mais dans bien d’autres marmites aussi. C’est pourquoi je crois avoir écrit le présent scénario en fonction du marché ciblé, c’est-à-dire les enfants de tous les pays, de 7 à 77 ans.Voici quelques intentions, conscientes, pour lesquelles j’ai écrit ce scénario. Mais honnêtement, je ne crois pas du tout qu’elles représentent les motivations profondes de ce texte. D’ailleurs, est-il nécessaire ou même souhaitable pour moi de les connaître ? Pourrais-je un jour décrypter  les véritables mobiles de mon écriture ? Le jour où le mille-pattes comprendra comment il marche, pourra-t-il véritablement marcher ? A quoi bon continuer à essayer de deviner des motivations que je ne connaîtrais probablement jamais ? Tout cela n’est pas essentiel à mes yeux car ce qui m’importe aujourd’hui, c’est de savoir si j’ai écrit une histoire, une belle histoire. Et ça c’est vous qui me le direz, chères lectrices et chers lecteurs…


Dr Abderrazek Ben Jemâa, Tunis, 2009« Coup d’Etat » est téléchargeable gratuitement en version française et anglaise à l'adresse: http://www.tunisiancreativity.com/fr/default.php?p=envoi_consultation et en version arabe à l'adresse: http://www.tunisiancreativity.com/ar/default.php?p=envoi_consultation.

 

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