Le thème de la mort a été récurrent aujourd’hui encore, notamment dans les films tunisiens (faut-il y voir un signe?).
Celle-ci est traitée à travers l’héritage dans “L’Autre Moitié du Ciel” de Kalthoum Bornaz, dont le partage inégal entre hommes et femmes est le thème central. Un film modérément apprécié par le public, mais qui a néanmoins été projeté dans une salle pleine au Mondial.
Le panorama du Cinéma Tunisien Court Métrage projeté au Théâtre Municipal a raillé la camarde dans le film de Achraf Laamar (au centre) “A l’aube d’une journée d’Aid”. Un traitement drôle et une interprétation remarquée de Jamel Madani en “Azraïl” (Gabriel).
“Ayankan” de Ridha Tlili (à droite) a quant à lui présenté l’histoire d’un mort (officiellement déclaré), peut être plus vivant que les autres et à qui la faucheuse tourne le dos. Une mise en scène sobre et intéressante avec une atmosphère mystérieuse.
Le court-documentaire “Aziz” de Jalel Bessâd (à gauche avec Aziz le héro de son documentaire) a abordé le thème de l’enfance et des influences auxquelles sont soumis les bambins à travers le portait d’Aziz, gamin de 8 ans prématuré et intelligent ayant un don particulier pour le dessin. Un univers de violence et parfois de haine, un discours effroyablement rodé, bref un témoignage sur le risque que peuvent avoir les mauvaises influences (TV, jeux vidéo, dessins animés, informations…) sur l’esprit et la pensée des enfants.
“Allo” de Madih Belaid est l’histoire d’une drague par téléphone, élaborée en stratagème pour…à découvrir dans le film!
Au 4ème Art a ensuite été projeté “Mémoires d’une femme” de Lassad Oueslati (ci-dessous au centre droit), un témoignage poignant de Hédia tunisienne musulmane, née Esther juive livournaise. Un travail de mémoire intéressant mais plus que tout un questionnement sur l’identité tunisienne. Mohamed David Sorrano (avec le micro) le fils de Hédia, résume à lui seul par son existence le dur compromis entre des identités plurielles, que chaque tunisien porte en lui. Au programme un échange riche en langue et en points de vue entre la mère et le fils.
Côté films non tunisiens, “Zimbabwe” de Darelle Roodt: l’histoire d’une jeune femme orpheline poussée par la misère à quitter son Zimbabwe natal pour l’Afrique du Sud. Sans misérabilisme et avec une vision non partisane, le réalisateur (ci dessous) rend les spectateurs témoins de certains bas instincts humains.
Une interprétation réussie de Kudzai Chimbaira, ici en discussion à la sortie du film.
La clôture de cette journée s’est faite par la projection de “Leila’s Birthday” du Palestinien Rashid Masharawi en présence d’un public très nombreux
après une grande bousculade
et l’entrée autant de gré que de force de spectateurs (dont beaucoup de journalistes et invités) ayant accepté de voir le film assis par terre ou debout.
Abou Leila est juge mais exerce à Gaza la profession de taxi pour subvenir aux besoins de sa famille. Le jour du septième anniversaire de sa fille, sa femme insiste pour qu’il rentre tôt et ramène un cadeau et un gâteau. Ça sera son unique objectif de la journée, mais à Gaza rien n’est simple.
Du grand art, une interprétation splendide, un cri (le plus souvent sourd) contre l’oppression (jamais visible), l’absurdité, l’agression, la corruption et pour l’amour et la vie.
Ci-dessous Rashid Masharawi (à gauche) et Habib Attia le producteur (à droite), applaudis par le public
qui a longuement discuté du film à l’extérieur
Ainsi s’achève cette journée des JCC, à demain pour d’autres news…
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